Prix Nobel de la Paix

Le prix Nobel de la Paix vise à récompenser « la personne qui aura accompli le meilleur ou le plus considérable travail pour la fraternité entre les nations, pour l’abolition ou la réduction des armées régulières et pour l’organisation et la promotion de congrès pour la paix« . Les critères de sélection sont donc précis, et ne laissent que peu de marge à l’interprétation de ce que signifie promouvoir la paix.

En particulier, ce texte élimine de fait toute initiative pour obtenir la paix par les armes. Historiquement, la notion qu’une violence limitée permet d’éviter un plus grand mal a souvent été employée par les aggresseurs pour justifier leurs actions (notamment avec le concepte de « guerre préventive » ou « préemptive »), mais ce serait de l’angélisme de penser que la force ne fait jamais partie de la solution. Les tenants de la force citent souvent la Seconde guerre mondiale, arguant qu’une démonstration de force au moment de Münich aurait peut-être fait reculer Hitler, et qu’une fois l’occasion passée, la guerre à outrance était la seule issue. L’argument est aussi cité pour qualifier la Guerre des Six Jours.

Les Casques Bleus sont probablement l’institution militaire qui oeuvre le plus clairement pour la paix; leur contribution est considérable et souvent héroïque. Toutefois, leur nature militaire les exclut du Prix Nobel de la Paix. L’ONU elle-même a reçu le prix en 2001, et deux de ses organismes, l’AIEA et le GIEC, ont reçu le prix en 2005 et 2007 respectivement. Il ne s’agit pas de jugement de valeur, mais de considérations techniques de Droit.

Par nature, le prix Nobel de la Paix n’a jamais été exempt de connotations politiques, mais depuis au moins 2002, il est régulièrement perçu comme une critique, voire une insulte, au gouvernement états-unien et au président George W. Bush. C’est le cas pour Jimmy Carter en 2002, pour l’AIEA en 2005, le GIEC et Al Gore en 2007, et Barack Obama en 2009. Cette dernière attribution, survenant quelques jours seulement après l’élection d’Obama, elle a été critiquée comme prématurée. Le comité Nobel a motivé sa décision par les contributions d’Obama au contrôle des armements nucléaires pendant son mandat de sénateur.

Le juriste norvégien Fredrik Heffermehl soutient que contributions de certains lauréats sont tellement loignées des critères formels définis par Nobel que l’attribution de leur prix est illégale. Une enquête a été ouverte.

PS (09/02/2012): La nommination de Bradley Manning pour le Prix Nobel de la Paix paraît tout aussi problématique sur le plan technique.

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