Complicité implicite: la France exposée à l’article 15 de la Convention contre la torture?

La France du XXIème siècle a renoncé à la torture et conduit des efforts diplomatiques systématiques pour l’éradiquer. Toutefois, sa conduite en Afghanistan et sa collaboration avec l’anti-terrorisme américain pourraient l’exposer à des accusations de complicité au sens de l’article 15 de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

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L’Ouzbékistan par le prisme de Cablegate

Les télégrammes diplomatiques révélés par Wikileaks dans le cadre de Cablegate permettent une étude des relations diplomatiques américaines pays par pays, sur plusieurs années (entre 2000 et début 2010, quoi que la couverture soit plus serrée à partir de 2004 environ). Suite à la notice de ce site sur Craig Murray, l’Ouzbékistan a été choisi pour une première analyse sommaire. Lire la suite

L’efficacité de la torture

La question de savoir si la torture « marche » survient souvent dans le discours sur son opportunité. Pour les détracteurs de la torture, c’est une vérité absolue et universelle que la torture ne fournit que l’illusion du succès, parce que les victimes raconteraient tout ce qui leur passe par la tête pour faire arrêter la souffrance, particulièrement ce qu’ils pensent faire plaisir à leur bourreau. Ses défenseurs, au contraire, arguent que contrairement aux idées reçues, la torture serait très efficace, argument que l’on suppose de nature à révolutionner le débat. Lire la suite

Craig Murray

Craig Murray, ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan, donne un éclairage partisan mais intéressant sur la diplomatie occidentale en Asie centrale. Il développe un argument remarquable sur la possible complicité du Royaume-Uni dans des faits de torture, au sens de l’article 15 de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

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Torture et démocratie (3): complicité et contagion

Outre la « torture light » et la codification de la torture, une façon pour une démocratie de bénéficier des avantages de la torture sans en subir les stigmates consiste à faire pratiquer la torture par d’autres, ce que l’on appelle parfois « torture par procuration ».

Ces dernières années, ce stratagème a été largement utilisé par les USA dans ce qu’ils appellent les « extraordinary renditions« . Les prisonniers étaient enlevés dans des circonstances parfois rocambolesques (cas d’Abu Omar, enlevé par la CIA à Milan, en plein jour), parfois détenus dans une galaxie de prisons secrètes, et confiés à des pays où la torture est notoire, comme l’Egypte, la Tunisie, l’Ouzbékistan.

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Torture et démocratie (2): la perte du sens

La torture a deux effets sur le pays qui la pratique: elle lui fait perdre toute prétention à une supériorié morale dans sa lutte (effet particulièrement dramatique pour une démocratie libérale dont la stature morale est a priori élevée); et elle a des effets délétères sur l’Armée et les forces de sécurité, sapant tant leur loyauté que leur efficacité militaire.

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Torture et démocratie (1): une pratique insidieuse

Ce sujet fera l’objet de plusieurs billets. Pour une étude sérieuse du domaine, la lecture de Torture and Democracy de Darius Rejali est indispensable.

Plus un pays se soucie de son image, plus la torture qui y est pratiquée l’est sous forme camouflée, tant pour échapper à la détection que pour brouiller la compréhension du phénomème après détection. Ceci rend la torture plus difficile à pratiquer en démocratie, mais génère aussi par émulation des formes de torture difficiles à cerner et à condamner. La pratique de ces techniques demande l’instauration d’une culture de torture qui se transmet officieusement. Ainsi, ce n’est que dans des cas pathologiques de l’on voit utiliser des techniques clairement reconnaissables: la torture moderne est avant tout ambiguë et insidieuse.

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